La 5ème République (1958-présent) - Georges Pompidou… (1959-1969)
Charles de Gaulle (1958-1969)
Revenu au pouvoir en 1958[cite: 10], de Gaulle fonde la Cinquième République et dote la France d’institutions nouvelles auxquelles il donne d’emblée une lecture présidentielle : la fonction présidentielle et l’autorité du gouvernement sont renforcées[cite: 10]. Le président de la République, chef de l’État et des armées, devient la clé de voùte des institutions[cite: 10].
Le rôle de l’Assemblée nationale qui n’est plus permanente ni maîtresse de son ordre du jour, est redéfini de façon limitative[cite: 10]. Elle doit partager l’initiative des lois avec le gouvernement[cite: 10]. Confronté à une majorité réticente ou incertaine, le gouvernement peut recourir à l’article 49-3 par lequel un texte de loi est considéré comme étant approuvé sauf à s’y opposer par le vote d’une motion de censure[cite: 10].
De Gaulle mène à son terme la décolonisation : en Afrique noire, en créant en 1958 la Communauté française qui conduit à l’indépendance acquise en 1960 ; en Algérie, en mettant fin à la guerre et en acceptant de négocier avec le Front de libération nationale (FLN)[cite: 10]. L’indépendance de l’Algérie est finalement acquise en 1962[cite: 10].
De Gaulle inaugure une politique d’indépendance nationale dite « des mains libres » à l’égard des blocs, et la met en œuvre sur le plan financier, monétaire, militaire et diplomatique[cite: 10]. Il rejette la domination américaine grâce à l’assainissement financier et la création du « nouveau franc »[cite: 10]. Il encourage le développement d’une force de dissuasion nucléaire et provoque le retrait du commandement militaire intégré de l’OTAN[cite: 10].
Il applique loyalement le traité de Rome, mais refuse une Europe supranationale en s’opposant à l’adhésion du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne (CEE) et privilégie l’axe franco-allemand (rencontre de Gaulle / Adenauer à Reims en 1962 et traité franco-allemand de 1963)[cite: 10]. Il inaugure une politique d’ouverture en direction des pays communistes et du tiers monde (reconnaissance de la Chine populaire, voyages en U.R.S.S. et en Amérique latine)[cite: 10].
Mais son action est contestée par de nombreuses personnes :
- par les nostalgiques du régime d’assemblée (Mitterrand et Mendès-France)[cite: 10] ;
- par les partisans de l’Algérie française qui considèrent qu’il les a trahis[cite: 10] ;
- par les salariés confrontés au déclin des secteurs traditionnels (grève des mineurs en 1963)[cite: 10] ;
- par l’opposition de gauche qui le met en ballottage aux élections présidentielles de 1965, menace sa majorité présidentielle aux élections législatives de 1967 et tente d’exploiter les événements de mai 1968 pour se hisser au pouvoir[cite: 10] ;
- enfin, par sa propre majorité qui n’adhère pas vraiment au thème de la participation, et lui fait défaut lors du référendum sur la réforme régionale et du Sénat, qui entraîne sa démission en 1969[cite: 10].
Le général de Gaulle se retire à Colombey-les-Deux-Églises où il meurt en 1970[cite: 10].
Georges Pompidou (1969-1974)
Georges Pompidou est le deuxième président de la Cinquième République française, de 1969 à 1974[cite: 10].
Georges Pompidou continue alors la politique gaulliste, mais se montre plus favorable que son prédécesseur à la construction européenne[cite: 10]. Il accepte ainsi, en 1973, les adhésions du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Danemark[cite: 10]. Il est partisan d’une très forte industrialisation du pays[cite: 10].
Sous sa présidence, les centristes, opposants sous de Gaulle, deviennent membres de la majorité présidentielle[cite: 10]. Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre de 1969 à juillet 1972, tente d’améliorer les relations avec les syndicats ouvriers et de mettre sur pieds une politique sociale contractuelle (création du SMIC)[cite: 10].
La gauche française (parti communiste (PC), parti socialiste (PS) et Radicaux de gauche) étant en train de s’unir autour du Programme Commun de Gouvernement, Pompidou juge nécessaire de s’affirmer nettement à droite[cite: 10]. Il renvoie Chaban-Delmas et le remplace par Pierre Messmer[cite: 10].
Très malade, il lutte courageusement, mais meurt en avril 1974[cite: 10].
Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981)
En 1974, Valéry Giscard d’Estaing se présente à l’élection présidentielle et l’emporte de justesse (moins de 400 000 voix d’avance) au second tour face au candidat socialiste François Mitterrand[cite: 10].
Au pouvoir, Giscard d’Estaing veut « décrisper » la société française en faisant appliquer toute une série de réformes telle que la majorité à 18 ans, la libéralisation de la contraception et le droit à l’avortement (IVG), mais aussi l’éclatement de l’Office de radio-télévision française en plusieurs sociétés indépendantes et le collège unique (réforme Haby) pour les enfants de 11 à 15 ans[cite: 10].
Mais, à partir de 1974, le premier choc pétrolier provoque la crise économique en France[cite: 10]. Ses deux premiers ministres Jacques Chirac (1974-1976) et Raymond Barre (1976-1981) ne parviennent pas à empêcher la hausse des prix et du chômage[cite: 10].
À partir de 1976, il doit faire face à l’opposition de plus en plus marquée de Jacques Chirac, qui se présente contre lui en 1981[cite: 10]. Il est battu à l’élection présidentielle de 1981 par François Mitterrand[cite: 10].
François Mitterrand (1981-1995)
Sous la Quatrième République, François Mitterrand est député et onze fois ministre[cite: 10]. Il se présente à l’élection présidentielle de 1965 et parvient à rassembler 45% des voix, mais est battu par le général de Gaulle[cite: 10].
En 1971, il prend la tête du nouveau Parti socialiste, se rapproche des autres partis de gauche, perd l’élection présidentielle de 1974, mais remporte finalement celle de 1981[cite: 10]. Il devient ainsi le premier président de la Cinquième République à être de gauche[cite: 10].
Il est par la suite réélu en 1988[cite: 10]. Parmi les réformes votées au cours de ses deux septennats, on retiendra l’abolition de la peine de mort en 1981, la mise en place des 39 heures de travail, la retraite à 60 ans ou la cinquième semaine de congés payés[cite: 10].
François Mitterrand meurt en 1996, huit mois après la fin de son mandat[cite: 10].
Jacques Chirac (1995-2007)
Élu président de la République, Jacques Chirac nomme Premier ministre Alain Juppé, un de ses plus proches collaborateurs à la mairie de Paris[cite: 10]. Pour réussir le passage à l’Euro en janvier 2002, Juppé décide de lutter contre le déficit budgétaire de l’État et la dette publique[cite: 10]. Il augmente les cotisations sociales, gèle les traitements des fonctionnaires et tente de réformer le système de retraite[cite: 10]. Un grand mouvement de grève en novembre 1995 l’en empêche[cite: 10].
Alain Juppé propose la dissolution de l’Assemblée nationale[cite: 10]. La gauche gagne les élections et Jacques Chirac doit nommer Premier ministre Lionel Jospin[cite: 10]. C’est la troisième cohabitation, au cours de laquelle Chirac accepte la continuation de la construction européenne et la réduction du mandat présidentiel à 5 ans (le quinquennat)[cite: 10].
Aux élections présidentielles de mai 2002, Chirac affronte au second tour Jean-Marie Le Pen et est réélu avec 82,21% des voix[cite: 10]. Il nomme Jean-Pierre Raffarin Premier ministre[cite: 10].
À la suite des attentats du 11 septembre 2001 et de la volonté américaine de faire la guerre à l’Irak, Jacques Chirac refuse l’appui de la France à l’offensive anglo-américaine[cite: 10]. En mai 2005, le référendum sur la Constitution européenne est rejeté par près de 55% des Français[cite: 10]. Dominique de Villepin devient alors Premier ministre[cite: 10].
En novembre 2005, des émeutes éclatent dans les banlieues parisiennes[cite: 10]. Jacques Chirac annonce qu’il ne se représentera pas à l’élection présidentielle de mai 2007[cite: 10].
Nicolas Sarkozy (2007-2012)
Nicolas Sarkozy remporte l’élection présidentielle de 2007 avec 53,06 % des voix au second tour, face à Ségolène Royal[cite: 10]. Il nomme François Fillon au poste de Premier ministre[cite: 10].
Nicolas Sarkozy se concentre dès le début de son mandat sur la politique étrangère (proposition du traité simplifié européen, création de l’Union pour la Méditerranée, libération des infirmières bulgares en Libye)[cite: 10].
Le 4 octobre 2008 est célébré le cinquantenaire de la Vème République, instituée en 1958[cite: 10].
François Hollande (2012-2017)
Désigné candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2012, François Hollande est élu chef de l’État face à Nicolas Sarkozy avec 51,6 % des suffrages[cite: 10].
Sa présidence est marquée par une augmentation de la fiscalité puis un virage social-libéral, la loi sur le mariage homosexuel, la tenue de la COP21 sur le climat, des interventions militaires (Mali, Centrafrique, Moyen-Orient), la crise migratoire et l’instauration de l’état d’urgence à la suite d’attentats islamistes[cite: 10].
Confronté à de très faibles intentions de vote, il renonce à se porter candidat à un second mandat[cite: 10].
Emmanuel Macron (Depuis 2017)
En 2016, Emmanuel Macron fonde le mouvement En Marche et se présente à l’élection présidentielle de 2017[cite: 10]. Il l’emporte au second tour face à Marine Le Pen avec 66,1 % des voix, devenant à 39 ans le plus jeune président français[cite: 10].
Son mandat est marqué par la réforme du code du travail, la réforme de la SNCF, l’affaire Benalla, la crise des Gilets jaunes, le grand débat national et les projets de réforme des retraites[cite: 10].